EAWAG news 49f (Mars 2001)
Recherche sur les eaux souterraines pour la pratique (Volume complète)
Editorial (
en49f_bun.pdf, 40 KB)
Ueli Bundi (bundi@eawag.ch)
Article thématique
Eaux souterraines, partie intégrante du cycle de l'eau (
en49f_gun.pdf, 270 KB)
Urs von Gunten (vongunten@eawag.ch)
En Suisse, les eaux souterraines jouent un rôle capital, tant du point de vue de l'approvisionnement en eau potable que du cycle de l'eau. Les mesures de protection initialement mises en place pour préserver ce réservoir d'eau potable ont permis de maîtriser les problèmes environnementaux classiques. Il fallut cependant, pour remédier au problème des polluants difficilement dégradables, compléter ces mesures en y ajoutant le principe de l'aire d'alimentation. Si l'on compare la consommation d'eau potable et le renouvellement des eaux souterraines en Suisse, on constate que chez nous non plus, l'eau potable n'est pas surabondante. C'est pourquoi une exploitation durable des eaux souterraines requiert une gestion moderne des ressources naturelles.
Recherches actuelles
Les eaux souterraines - un milieu obscur (
en49f_gon.pdf, 145 KB)
Tom Gonser (gonser@eawag.ch)
Du point de vue écologique, les eaux souterraines commencent là où la lumière s'arrête. L'obscurité du milieu souterrain empêche toute production photosynthétique d'oxygène et de matière organique1. L'écosystème souterrain dépend donc de l'oxygène et de l'énergie provenant de la surface. Son fonctionnement est déterminé par les processus hydrologiques d'échange entre surface et sous-sol.
Les sources: un milieu oublié (en49f_zol.pdf, 340 KB)
Jens Zollhöfer (jens.zollhoefer@lifescience.ch)
A l'interface entre aquifère et cours d'eau supérieur, les sources ont de tout temps fasciné l'esprit humain. Elles offrent refuge à de nombreux organismes spécialisés. Jusqu'ici toutefois, la recherche scientifique tout comme la protection des eaux ne leur ont guère prêté d'intérêt. Or, les sources sont des écosystèmes extrêmement sensibles, et leur protection ne présuppose pas seulement la mise en place d'un appareil légal plus strict, mais aussi l'observation scientifique des sources encore à l'état quasi naturel.
Les voyages intertemporels des eaux souterraines (en49f_kip.pdf, 230 KB)
Rolf Kipfer (kipfer@eawag.ch)
De nouvelles méthodes de traçage mettent à jour les changements subis par les eaux souterraines au cours du temps. Elles révèlent que le temps de renouvellement des eaux souterraines varie de quelques jours à des millions d'années. Même en Suisse, château d'eau de l'Europe, on pompe des eaux souterraines aussi vielles que la dernière période glaciaire. Ne pouvant se renouveler au même rythme, ces aquifères anciens vont s'épuiser comme d'autres ressources minérales.
Les processus biogéochimiques qui font la qualité des eaux souterraines (en49f_zob.pdf, 150 KB)
Jürg Zobrist (zobrist@eawag.ch)
Les processus d'oxydoréduction catalysés par les microorganismes sont réglés par le rapport entre les oxydants disponibles et la matière organique dégradable dans le sol et le sous-sol. Les conditions biogéochimiques résultantes induisent de nouvelles transformations chimiques et microbiennes. Les rapports isotopiques d15N et d18O permettent d'analyser la provenance du nitrate présent dans les eaux souterraines.
Eaux souterraines arsenicales: une catastrophe pour le Bangladesh (en49f_hug.pdf, 180 KB)
Stephan Hug (stefan.hug@eawag.ch)
Le Bangladesh est confronté à l'intoxication généralisée la plus grave que l'humanité ait jamais connue. En effet, près d'un tiers des 125 millions d'habitants que compte ce pays sont en train d'être insidieusement empoisonnés par l'eau arsenicale qu'ils consomment. Les conséquences d'une intoxication à l'arsenic sont diverses: altération de la pigmentation épidermique, ulcères, voire cancer de la peau, des poumons et de l'intestin. Des dizaines de milliers d'habitants ont déjà été atteints. Les experts du Bangladesh et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) supposent que près de 20 millions d'habitants ont déjà été intoxiqués plus ou moins gravement. Si on n'arrive pas à fournir rapidement de l'eau potable exempt d'arsenic, cette intoxication pourrait devenir à brève échéance la première cause de mortalité au Bangladesh. Les scientifiques de l'EAWAG sont en train de développer un procédé d'épuration simple, faisant appel aux rayons solaires et permettant d'éliminer l'arsenic présent dans l'eau potable (SORAS).
Les espions chimiques du sous-sol (en49f_had.pdf, 210 KB)
Stefan Haderlein (haderlein@eawag.ch)
En milieu naturel, il est rare que les réactions chimiques (abiotiques) aboutissent à la dégradation complète des polluants organiques. Toutefois, ces processus chimiques peuvent modifier de manière considérable la distribution, la disponibilité et la mobilité des polluants présents dans les eaux souterraines. L'EAWAG a développé des méthodes innovatrices pour analyser les interactions entre processus chimiques et processus biologiques intervenant dans la dégradation des polluants organiques présents dans les eaux souterraines. Ces méthodes ouvrent de nouvelles perspectives dans l'évaluation des sites contaminés.
Micropollution des eaux souterraines: les limites de la biodégradation (en49f_vdm.pdf, 1 MB)
Jan Roelof van der Meer (van-der-meer@eawag.ch)
En Suisse, on utilise par année environ 1500 tonnes de pesticides, d'herbicides et de fongicides. Des micropollutions ont déjà été décelées dans plusieurs échantillons d'eau souterraine. Les microorganismes parviennent à dégrader de nombreux micropolluants et à nettoyer pour ainsi dire l'environnement. Toutefois, si on veut qu'il n'y ait aucune micropollution résiduelle, les composés introduits parfois en masse dans l'environnement doivent être facilement biodégradables. Des recherches ont montré que la biodégradation ne suffit pas à elle seule: c'est la combinaison entre facteurs microbiologiques, physiques et chimiques qui définit si des micropolluants introduits dans l'environnement sont vraiment éliminés ou non.
Délimitation des aires d'alimentation autour des captages d'eau souterraine (en49f_hoe.pdf, 220 KB)
Eduard Hoehn (hoehn@eawag.ch)
En matière de protection des captages d'eau souterraine les mesures d'aménagement du territoire ont été complétées par la nouvelle ordonnance fédérale sur la protection des eaux. Cette ordonnance prévoit désormais une aire d'alimentation souterraine (ZU) et une aire d'alimentation en surface (ZO). Dans la plupart des cas, des estimations suffisent pour dimensionner ZU. En revanche, lorsqu'il y a des infiltrations en provenance d'un cours d'eau ou des pentes latérales, ces estimations ne suffisent plus.
Filtration membranaire: solution d'avenir pour la potabilisation des eaux karstiques (en49f_bol.pdf, 170 KB)
Markus Boller (boller@eawag.ch)
La filtration membranaire ouvre de nouvelles perspectives financièrement avantageuses pour la potabilisation des eaux de sources dans les régions karstiques. La mise à l'essai de différents procédés de filtration sur membrane pour le traitement des eaux karstiques à forte densité colloïdale montre que tous ces procédés permettent d'obtenir de l'eau potable de qualité irréprochable. Il faut toutefois tenir compte des processus de colmatage qui limitent le champ d'application et la durée de vie des membranes. Parmi les procédés examinés, l'ultrafiltration, avec adjonction si nécessaire de poudre de charbon actif, s'est révélée adéquate pour la potabilisation de l'eau.
Forum/Notes
- De la tour d'ivoire à la tour de verre - Ou comment rapprocher
la science du grand public par le dialogue- Publications et livres
- Notes
Demandes et suggestions peuvent être adressées à la rédaction de l'EAWAG news Martina Bauchrowitz.