EAWAG news 58f (Juillet 2005)

Découvertes glaciales (Entire volume)

 

Editorial
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Martina Bauchrowitz
 
 
Article thématique
 
La glace et le climat
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Jürg Beer
Près de 80% des réserves mondiales en eau douce sont immobilisées sous forme de glace dans les deux régions arctique et antarctique. Ces glaces constituent une archive naturelle d’une valeur exceptionnelle étant donné qu’elles renferment une foule d’informations sur le climat emmagasinées au cours de centaines de milliers d’années. Mais les données historiques concernant les glaces de lacs sont elles aussi sources d’informations précieuses sur le climat, comme en témoignent les études menées sur le lac Baïkal et le lac de St-Moritz. Il existe d’autre part une substance assez mystérieuse qui ressemble à la glace, l’hydrate de méthane. Accumulée dans les sédiments marins, elle peut être libérée vers la surface sous l’effet de changements environnementaux mineurs, notamment de la température de l’eau. Dans ce cas, de grandes quantités de méthane, gaz à effet de serre des plus puissants, seraient libérées dans l’atmosphère, produisant une accélération dramatique du réchauffement planétaire.
 
 
Recherches actuelles
 
Un long chemin: De la calotte du Groenland aux analyses de Zurich
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Silvia Bollhalder et Irene Brunner
Les indices laissés dans les archives naturelles permettent de retrouver la trace de changements survenus par le passé au niveau de l’environnement planétaire. C’est pour suivre leur piste que nous nous sommes lancés dans l’étude détaillée d’une carotte de 3 km de long prélevée dans les glaces du Groenland. Couche après couche, la glace est soumise à des analyses comprenant notamment un dosage de béryllium 10 (10Be), un radionucléide de grande importance pour les paléoclimatologues. L’étude des teneurs en 10Be permet en effet de reconstituer l’évolution climatique d’époques très reculées de l’histoire de la Terre. Près de 10 000 échantillons de glace ont transité par le laboratoire de l’EAWAG au cours des dernières années pour y être préparés en vue de leur analyse par spectrométrie de masse par accélérateur à l’EPFZ/PSI.
 
Soleil et climat: Ça discute sur la banquise
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Maura Vonmoos
Grâce à la paléoclimatologie, nous savons maintenant que le climat du passé, loin d’être stable, présentait de fortes fluctuations. Pendant plus de 10 000 ans, l’activité du soleil, le volcanisme et les phénomènes internes au système ont constitué les principaux facteurs naturels influant sur le climat. Depuis la révolution industrielle, cependant, un autre facteur de poids est venu se surimposer: l’homme. Les activités anthropiques constituent depuis une vingtaine d’années le facteur prépondérant du réchauffement climatique. Pour pouvoir comprendre le système complexe qui régit le climat et se faire une idée de l’emprise de l’homme sur ce système, il est tout d’abord nécessaire de bien étudier les facteurs climatiques naturels. C’est dans cet esprit que l’EAWAG s’est penché sur les fluctuations de l’activité du soleil dans le passé.
 
Pourquoi un soudain retour du froid à la fin de la dernière période glaciaire?
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Raimund Muscheler
Les changements climatiques globaux qui touchent la zone nord-atlantique sont souvent mis en relation avec une perturbation de la circulation océanique. La dernière phase de froid du tardiglaciaire würmien, le Dryas récent, n’y fait pas exception. Cette période a été marquée par un brusque retour du froid qui a replacé la zone nord-atlantique qui s’était déjà réchauffée dans un climat glaciaire. Les indicateurs climatiques fournissent jusqu’à présent des informations contradictoires sur les causes de ce refroidissement. L’EAWAG a tenté de trouver de nouvelles indications dans les forages du Groenland.
 
La boussole dans les glaces polaires
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Jürg Beer
Chacun sait qu’une aiguille aimantée mobile pointe automatiquement vers le Nord et permet donc de s’orienter sur les terrains inconnus ou dans les conditions de mauvaise visibilité. Le principe de la boussole magnétique est connu depuis plus de 1000 ans et a rendu des services inestimables à l’humanité pour tout ce qui touche à la navigation. Les oiseaux migrateurs et bien d’autres animaux semblent disposer eux aussi d’un système d’orientation magnétique interne qui leur permet de se diriger avec précision vers leur but. Notre système de boussole magnétique semble donc parfaitement fiable, mais s’il avait existé il y a plusieurs milliers d’années, il n’aurait pas toujours indiqué le pôle Nord géographique. En effet, au cours de son histoire, la Terre a connu toute une série d’inversions de la polarité de son champ magnétique.
 
Rayonnement cosmique et nébulosité
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Jürg Beer
Les carottes de glace livrent une foule d’informations sur les variations environnementales du passé. Mais elles permettent aussi de traiter des questions bien spécifiques ou de tester des hypothèses bien précises. L’une de ces hypothèses stipule que les changements climatiques seraient principalement dus à des variations de l’intensité du rayonnement cosmique. Si tel était le cas, l’effet de serre ne jouerait qu’un rôle subalterne. Il s’agit donc d’une hypothèse pour le moins explosive sur le plan politique qu’il importe de vérifier avec soin.
 
La couverture de glace des lacs et rivières - L’évolution du climat de source historique
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David Livingstone
Les lacs gèlent d’autant plus tôt et dégèlent d’autant plus tard que les hivers sont longs et rigoureux. Nous concevons intuitivement cette évidence sans chercher à connaître les phénomènes météorologiques complexes qui sont à la base de cette observation. L’EAWAG a voulu en savoir plus en analysant des données historiques sur les dates de gel et de dégel de plusieurs lacs et rivières, notamment du lac de St-Moritz et du lac Baïkal en Sibérie. Ces séries de données permettent de dégager les tendances climatiques du passé et d’envisager celles du futur.
 
Le phénomène climatique de l’Oscillation Nord-Atlantique - A-t-elle une influence sur la date de dégel des lacs de l’hémisphère nord?
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David Livingstone
L’Oscillation Nord-Atlantique est un phénomène climatique de grande échelle qui définit le climat d’une grande partie de l’hémisphère nord. Etant donné que son influence s’exerce principalement en saison hivernale, l’EAWAG a cherché à savoir si l’Oscillation Nord-Atlantique influait sur le moment du dégel des lacs de l’hémisphère nord. Il s’est alors avéré que la zone d’influence de l’Oscillation Nord-Atlantique s’était décalée au cours des 130 dernières années. Son activité se fait aujourd’hui sentir jusqu’en Sibérie mais elle touche moins l’Amérique du Nord.
 
La glace en flammes - Les émissions de méthane dans l’atmosphère
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Carsten Schubert
Les marins du temps jadis parlaient souvent d’icebergs en flammes. Longtemps qualifiés de superstition, leur existence a enfin été prouvée vers la fin du siècle dernier. Ces icebergs sont constitués d’hydrate de méthane, un mélange de glace et de méthane déposé dans les sédiments marins. De temps à autre, des blocs de grande taille se détachent et parviennent à la surface de la mer. Si par aventure, ils sont touchés par un éclair lors d’un orage, ils se mettent à brûler et ressemblent à s’y méprendre à de la glace en flammes. On considère que près de 10 000 milliards de tonnes de méthane sont immobilisées sous la forme d’hydrate de gaz dans les sédiments des mers du monde. Dans le cadre du projet européen CRIMEA, l’EAWAG étudie les réserves de méthane de la mer Noire.
 
Notes
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Demandes et suggestions peuvent être adressées à la rédaction de l'EAWAG news Martina Bauchrowitz.


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