La désinfection solaire de l'eau mise é l'épreuve
19 aôut 2009
L’Institut Tropical Suisse à Bâle a récemment publié une étude [1] sur le système de désinfection de l’eau SODIS (une méthode qui utilise l’irradiation solaire sur les bouteilles en PET contenant de l’eau polluée) et ses affirmations négatives ont eu un large écho dans les médias. Les chercheurs indiquaient que le nombre de cas de maladies diarrhéiques dans le groupe observé n’avait pas été réduit de manière significative en comparaison avec le groupe de référence.
Le groupe observé comprenait aussi bien des utilisateurs de la méthode SODIS que des non-utilisateurs et seul 30% des familles appartenant au groupe observé était classé comme utilisateurs de SODIS. En plus, seul 14% des familles avait réellement consommé de l’eau désinfectée au moyen de la méthode SODIS. La conclusion de l’étude était de dire que des recherches plus approfondies sont nécessaires, en particulier une comparaison directe entre la méthode SODIS et les méthodes alternatives de traitement de l’eau, avant que SODIS ne soit davantage promue.
Baisse de 90% des cas de choléra
En notre qualité de chercheurs et promoteurs de l’application de la méthode SODIS, nous nous devons de contredire la conclusion de cette étude. Ce serait une erreur d’interrompre maintenant la diffusion de la méthode SODIS. Plus de 3 millions de personnes dans près de 30 pays dans le monde utilisent SODIS pour traiter l’eau potable qu’ils boivent, ce qui leur permet de réduire le risque d’attraper des maladies diarrhéiques. Plusieurs études scientifiques ont montré que la méthode SODIS, si elle est appliquée de manière correcte et régulière, permet d’atteindre un effet positif sur la santé des utilisateurs de SODIS. Une étude réalisée au Kenya [2] a montré que pendant une épidémie de choléra, le groupe des utilisateurs de SODIS dans le territoire concerné par le projet a enregistré 88% de cas de choléra en moins.
Utilisation correcte et régulière
L’une des faiblesses connues de la méthode SODIS est qu’elle n’est pas toujours appliquée de manière régulière et logique, ou que seule une partie de l’eau consommée est traitée par SODIS. Les améliorations des conditions de santé obtenues avec SODIS peuvent aussi être annihilées par des mauvaises conditions d’hygiène ou sanitaires. Néanmoins, nous estimons que les personnes ne devraient pas être empêchées de continuer d’utiliser la méthode SODIS, ou de commencer de l’utiliser, et ceci aussi longtemps qu’ils ne disposent pas d’une autre source d’eau potable.
Nouvelles recherches nécessaires
Nous appuyons la proposition que des recherches supplémentaires soient faites pour étudier les effets de SODIS et d’autres méthodes sur la réduction des maladies diarrhéiques. Cependant, il nous paraît important que les recommandations tirées de ces études prennent en compte le fait que les gens qui, aujourd’hui, utilisent SODIS (ou qui vont bientôt l’utiliser) n’ont souvent aucune autre source d’eau potable à proximité. Contrairement aux recommandations faites par Daniel Mäusezahl et co-auteurs, nous proposons que la formation des futurs utilisateurs de SODIS soit axée sur l’importance de la régularité de l’utilisation de SODIS et sur la suppression totale de toute consommation d’eau non traitée ou d’eau contaminée.
[1] Mäusezahl et al. (2009). Solar Drinking Water Disinfection (SODIS) to Reduce Childhood Diarrhoea in Rural Bolivia: A Cluster-Randomized, Controlled Trial. PLoS Med 6(8)
[2] Conroy et al. (2001). Solar disinfection of drinking water protects against cholera in children under 6 years of age. Arch Dis Child. Oct; 85(4):293-5.
- Plus d'informations: www.sodis.ch
- L’étude concernant la
Bolivie est publiée dans le dernier exemplaire de PLoS Medicine.

