Détail

Nous vous présentons: nos collaborateurs du monde entier

Nous vous présentons: nos collaborateurs du monde entier

21 janvier 2020,

A l'Eawag, nous sommes particulièrement fiers de la composition internationale de notre personnel. Dübendorf et Kastanienbaum accueillent des chercheurs, des techniciens, des administrateurs et des stagiaires de plus de 40 nations différentes. Nous présentons cette diversité de cultures, de langues et de pays à notre site à Kastanienbaum.

La série de photos avec Salome Mwaiko, Claire Aksamit, Tim Alexander, Rohini Athavale und Bernhard Wehrli a été prise dans le cadre de la formation de photojournalisme que Christian Dinkel suit à la MAZ de Lucerne.

Salome est technicienne dans le Laboratoire moléculaire de Kastanienbaum. Pour l’Eawag, elle est une aubaine non seulement au laboratoire, mais aussi pour le travail de terrain en Afrique orientale. Car Salome parle la langue du pays et sait avant tout que beaucoup de choses en Afrique ne se passent pas comme en France. (Photo : Christian Dinkel)

Salome Mwaiko

Salome est mère de trois enfants et est originaire de la région du Kilimandjaro en Tanzanie. Elle a beaucoup à raconter et elle le fait en riant fort et très souvent. Elle a grandi dans une société conservatrice où les femmes se marient tôt et s’occupent des enfants et du ménage. Malgré cela, Salome voulait depuis son plus jeune âge étudier un jour à l’Université.

Certains membres de sa famille pensaient que cela était très courageux, mais d’un autre côté, il y avait aussi de l’incompréhension : Son père était un professeur en lycée qui fit ses études en Angleterre et qui avait l’éducation de ses filles très à cœur. « Je lui suis infiniment reconnaissante de sa position sur l’égalité des droits en matière d’éducation », explique Salome.

Mais il lui a fallu surmonter des obstacles non seulement culturels, mais aussi d’ordre étatique. Autrefois, en Tanzanie, lorsqu’on voulait faire des études, chacun et chacune devaient effectuer un service militaire d’un an. Et c’est ainsi qu’à 20 ans, Salome se retrouva, en armes et en tenue de camouflage, pendant 360 jours dans un camp militaire à la frontière du Mozambique.

Elle acheva ses études de Bachelor en zoologie et biologie marine à l’Université de Dar Es Salam en 1984 et décrocha un poste à l’Institut national de la pêche. Elle a travaillé sur des projets de développement durable pour la pêche dans l’Océan indien. Quatre ans plus tard, elle obtint une bourse pour étudier la gestion de la pêche et des ressources halieutiques à l’Université de Bergen en Norvège.

Quatre ans plus tard, Salome décrocha une bourse et eut ainsi la possibilité d’obtenir son Master en gestion de la pêche et des ressources halieutiques. Après avoir travaillé de nouveau quelques mois en Tanzanie, elle obtint une bourse pour un doctorat en Grande-Bretagne pour étudier la taxonomie des cichlidés haploïdes à l’Université d’Aberdeen en Écosse.

Claire Crowley est canadienne et collaboratrice scientifique à l’Eawag. (Photo : Christian Dinkel)

Claire Aksamit

Claire Crowley est originaire du Canada. Sa passion pour la nature et les activités outdoor n’est donc pas surprenante. Elle a étudié les sciences de l’environnement à Saskatoon, Saskatchewan et Ottawa, Ontario, et elle a ensuite travaillé comme conseillère sur des projets relatifs à la conservation de la nature et des matières premières en Colombie Britannique.

Cette fonction la mena aussi dans des réserves canadiennes où elle enseigna aux autochtones comment effectuer des prélèvements d’eau et de poissons pour des programmes de monitoring, et comment les analyser : « C’était plutôt cool », dit Claire qui se verrait bien plus tard travailler dans l’enseignement.

Claire travaille maintenant à l’Eawag depuis un peu plus d’un an. Elle est collaboratrice scientifique dans le groupe de Martin Schmid. Elle étudie l’impact de l’énergie hydraulique sur les petits cours d’eau alpins. Elle est venue en Suisse avec son mari qui a obtenu un emploi postdoc à l’EPF. Claire a aussi ramené du Canada, son chien nommé Fern. « Il m’accompagne toujours et partout, il est depuis plus longtemps dans ma vie que mon mari », dit Claire en riant. Et lorsqu’elle dit qu’elle emmène Fern partout, c’est tout à fait comme cela qu’elle l’entend : qu’il s’agisse de randonnées en snowboard, d’escalade, de marche ou de trails, Fern est de la partie ! Ce que Claire apprécie le plus est le fait que Lucerne soit proche des montagnes. Ainsi pendant son temps libre, elle va notamment à Engelberg, Andermatt ou quelque part ailleurs dans les Alpes uranaises. « C’est ce que j’aime en Suisse : l’accès facile aux montagnes. » À la différence du Canada, on peut accéder pratiquement partout avec les transports publics, et les forfaits de ski sont d’un prix abordable. Malgré cela : « Le Canada me manque quand même un peu », avoue-t-elle. Au Canada, les saisons sont plus marquées et la nature est plus sauvage.

Claire restera à l’Eawag jusqu’à fin avril 2020. « Quelle sera ensuite notre destination, seul le ciel le sait », conclut Claire. Elle préfère vivre une semaine après l’autre et est ouverte à toutes les possibilités que la vie a encore à lui offrir.

Tim Alexander est de retour en Tasmanie où lui et sa famille partagent régulièrement leur maison et leur jardin avec des kangourous et des opossums. (Photo : Christian Dinkel)

Tim Alexander

À vrai dire, nous avions convenu de communiquer par Skype pour l’interview à 13 h 30, heure suisse. Mais juste avant, Tim écrit pour demander si nous pourrions repousser l’entretien de quelques minutes, car il doit encore déplacer de toute urgence un opossum. « En ce moment, cela arrive plusieurs fois par semaine », explique cet Australien d’origine quelques minutes plus tard.

Car plusieurs opossums se sont nichés dans le toit de la maison voisine que Tim voulait utiliser comme bureau. Depuis que l’un d’eux est mort dans le toit et qu’il en est résulté la puanteur qu’on peut imaginer, et que des asticots sont tombés à travers le plafond tout le long de l’installation d’éclairage, Tim capture ces animaux et les transporte très loin.

Tim est de retour en Tasmanie où, avec sa femme et ses enfants, il a acheté une maison avec un terrain d’environ 5 000 mètres carrés dans un village de 400 âmes. Dans le jardin vivent une bonne douzaine de pademelons sauvages, une espèce de kangourou. Et au-dessus de la maison tournoient des uraètes tasmaniens qui tiennent en respect les populations de lièvres.

Tim a travaillé pendant presque six ans à l’Eawag où, dans le groupe d’Ole Seehausen, il s’est principalement occupé du Projet Lac. Il avait auparavant obtenu son doctorat en Tasmanie et un postdoc aux îles Salomon. C’est là qu’il fit la connaissance de Karin, une Suissesse qui est maintenant sa femme, qui y effectuait un stage à l’étranger en tant qu’étudiante en médecine, ce qui conduisit Tim en Europe et pour finir, à l’Eawag.

Lorsqu’on l’interroge sur les meilleurs moments passés à Kastanienbaum, beaucoup de choses lui reviennent en mémoire : le trajet quotidien en vélo de Lucerne à Kastanienbaum, l’ambiance de travail inspirante, la vue sur le Lac des Quatre-Cantons depuis la cafétéria, les forêts et les montagnes, et la « Krüseliwasser » (eau gazeuse) directement du robinet. Par contre, « le surf m’a vraiment manqué », ajoute Tim. Même s’il a tout essayé : du surf de rivière dans l’Aare jusqu’au Bungee-surfing en passant par le surf sur vague stationnaire dans le « Mall of Switzerland ».

De retour à l’autre bout du monde, il ne s’adonne pas seulement de nouveau au surf, mais il a déjà décroché un nouveau job, et travaille maintenant comme conseiller dans un bureau de l’environnement en Tasmanie. « Ce travail est incroyablement varié », dit Tim. Il s’agit avant tout d’assister les entreprises dans les questions écologiques, qu’il s’agisse d’aquacultures, de fermes salmonicoles ou d’extension des ports.

On pourra continuer de rencontrer régulièrement Tim en Suisse. Car il aura enfin le temps de découvrir la Suisse comme un vrai touriste.

L’Indienne Rohini Athavale est chimiste et a achevé récemment sa thèse de doctorat à l’Eawag. (Photo : Christian Dinkel)

Rohini Athavale

Rohini Athavale n’aurait pas pu choisir de contraste plus frappant : Elle a grandi dans le chaos de la métropole de Mumbai en Inde et elle est venue il y a 5 ans à Kastanienbaum pour faire son doctorat. « Je ne me suis quasiment pas informée sur la localité avant de venir, j’ai préféré avoir le plaisir de la surprise », déclare Rohini en riant.

Enfin elle a pu s’adonner à son hobby, le vélo, aussi souvent qu’elle voulait, directement à sa porte. Autrefois, en Inde, c’était quasi impossible, elle faisait seulement du vélo de temps à autre dans un parc national voisin ou pendant les vacances avec son père. Désormais, elle ne craint plus de faire de longues randonnées : Traditionnellement, une fois par an pendant la semaine Bike-to-work, elle fait le tour du Lac des Quatre-Cantons

avec quelques collègues de l’Eawag pour venir à Kastanienbaum depuis Horw. Ce ne sont pas moins de 100 km.

Quelle chance que Rohini aime cuisiner pour redonner des forces à ses amis et à elle après de telles randonnées. Et « je n’aime pas cuisiner deux fois la même chose et j’essaie toujours quelque chose de nouveau », précise-t-elle. De préférence avec des légumes de ses propres jardinières surélevées dans lesquelles elle cultive des concombres, des tomates, des poivrons, des bettes, des piments et des fines herbes.

Rohini a étudié la chimie à Mumbai et a ensuite développé pendant quelque temps dans une start-up des capteurs électrochimiques pour mesures environnementales. En 2013, elle a travaillé quelques mois à Cologne avant de partir à Kastanienbaum à l’Eawag pour faire son doctorat.

À l’Eawag, dans le groupe de Bernhard Wehrli, elle conçut et construisit des capteurs qui permettent de mesurer directement dans le lac et avec une très haute résolution divers paramètres tels que la valeur du pH, le dioxyde de carbone ou l’ammonium dissouts. « J’ai surtout apprécié la diversité du projet : de la conception jusqu’à l’essai sur le Rotsee, en passant par le travail en laboratoire, tout y était », indique Rohini qui est restée à l’Eawag jusqu’à la mi-juillet 2019. Elle travaille maintenant chez Büchi Labortechnik, où elle peut laisser libre cours à son génie innovant.

Le chimiste de l’environnement Bernhard Wehrli au Lac des Quatre-Cantons. (Photo : Christian Dinkel)

Bernhard Wehrli

Ce n’est pas par plaisanterie que Bernhard Wehrli est assis dans une baignoire sur la photo. La baignoire symbolise à vrai dire un processus scientifique typique : « La baignoire évoque une boîte de taille finie comme celles que nous utilisons toujours comme modèles dans nos recherches », explique Bernhard. « Nous n’étudions jamais un lac tout entier, mais nous nous créons des limites du système pour observer de manière plus spécifique ce qui y entre et en sort et pour pouvoir saisir les processus dans le système fermé de manière plus contrôlée. »

Au départ, le photographe avait en fait prévu une mise sen scène professorale de Bernhard plus conforme à son titre : « Mais cela n’aurait pas été moi », dit-il en riant.

Pendant ses études de chimie, Bernhard s’accorda une année intermédiaire. Car il s’aperçut très vite que la branche pharmaceutique n’était pas pour lui. Au lieu de cela, il décida de s’engager auprès d’une ONG qui s’impliquait dans la protection des espaces naturels alpins et essayait d’empêcher la construction de centrales au fil de l’eau. « Nous n’y sommes malheureusement pas parvenu, mais nous avons quand même réussi à sauver le haut-plateau de la Greina de la submersion par un lac de barrage », raconte Bernhard dont l’intérêt pour l’interface entre protection des eaux et chimie a vraiment été attisé à cette époque.

Il prépara ensuite sa thèse de doctorat à Dübendorf, et depuis lors, il est resté fidèle à l’Eawag. Il n’a quitté l’Institut de Recherche de l’Eau que brièvement pour un poste de postdoc aux États-Unis ainsi que pour quelques pauses sabbatiques en France et en Israël. Même lorsqu’il fut nommé professeur-assistant à l’EPF de Zurich en 1991, il n’envisagea jamais sérieusement de couper les ponts avec Kastanienbaum. Depuis qu’il fait régulièrement des allers-retours entre les deux sites, il apprécie d’autant plus la collégialité à l’Eawag. « À l’EPF, comme chacun est très spécialisé, cela complique souvent la collaboration », dit Bernhard. Ce qu’il apprécie aussi beaucoup à l’Eawag, ce sont la situation favorable pour le travail de terrain et l’immense soutien des techniciennes et techniciens.

Les recherches de Bernhard portent actuellement sur la valeur écologique des zones humides ainsi que sur l’impact des barrages de retenue sur la chimie de l’eau.

Et même s’il est désormais plus souvent assis devant l’ordinateur et dans des réunions, il ne laisse pas passer l’occasion de faire du travail de terrain. Bien qu’il avoue, qu’au milieu de tous les jeunes chercheurs motivés, « il se sent parfois plutôt comme une gêne qu’une aide véritable. »

Créée par Stephanie Schnydrig