Détail

Les insecticides neurotoxiques nuisent aux organismes aquatiques mais d’une manière différente d’une espèce à l’autre.

13 juin 2019 | Stephanie Schnydrig

Certains insecticides tels que les néonicotinoïdes ont un impact sur le système nerveux des organismes. Mais pas seulement, comme le montrent les résultats d'une nouvelle étude menée en collaboration avec l'Eawag. Et les dommages occasionnés peuvent être très différents selon l'espèce de poissons.

 

L'imidaclopride est l'un des insecticides les plus puissants et fait partie du groupe des néonicotinoïdes. Depuis 2019, l'utilisation d'imidaclopride ainsi que de deux autres substances de ce groupe ne sont plus autorisées que dans les serres. Car ces produits sont en autres tenus pour responsables de la mort des abeilles. L'imidaclopride est également très toxique pour les organismes aquatiques, cela figure notamment dans les rapports d'homologation des fabricants.

Une étude parue récemment, menée par le groupe dirigé par Kristin Schirmer, responsable du département Toxicologie de l'environnement à l’Eawag et professeure à l'EPF de Lausanne, en collaboration avec des collègues du département Chimie de l'environnement à l’Eawag, de l'université de Messine et de l'université de Bordeaux, montre les effets de ces toxiques dans le corps des poissons. Les chercheurs ont testé l'effet de l'imidaclopride sur le médaka japonais (Oryzias latipes), ainsi que sur le poisson zèbre (Danio rerio). Ces deux espèces de poissons servent d'organismes modèles dans la recherche toxicologique.

Alors que l'imidaclopride agit comme une neurotoxique et provoque principalement des changements de comportement chez les insectes, cet effet était moins manifeste chez les poissons qu'on ne s'y attendait. Néanmoins, « l'effet sur les poissons était beaucoup plus complexe qu'un simple effet neurotoxique », déclare Schirmer. Les poissons souffraient notamment de malformations, d'une croissance réduite et de modifications tissulaires pathologiques. Les raisons pour lesquelles une substance neurotoxique affecte de telle manière le développement des poissons restent toutefois encore inexpliquées.

En ce qui concerne l'expression des effets négatifs, il existe en outre de grandes différences entre les espèces : Le médaka japonais était environ mille fois plus affecté que le poisson-zèbre. L'une des raisons pourrait être que les médaka restent plus longtemps au stade embryo-larvaire et sont de ce fait, soumis plus longtemps aux effets de l’insecticide que les poissons-zèbres. Mais selon les chercheurs, cela ne suffit pas à expliquer cette différence de sensibilité. « Nous savons tout simplement encore trop peu de choses sur la manière exacte dont les diverses espèces réagissent aux insecticides », précise Kristin Schirmer.

Publication originale

Extbase Variable Dump
array(2 items)
   publications => '18516' (5 chars)
   libraryUrl => '' (0 chars)
Extbase Variable Dump
array(1 item)
   0 => Snowflake\Publications\Domain\Model\Publicationprototypepersistent entity (uid=18516, pid=124)
      originalId => protected18516 (integer)
      authors => protected'Vignet, C.; Cappello, T.; Fu, Q.; Lajoie, K.; De Marco,&
         nbsp;G.; Clérandeau, C.; Mottaz, H.; Maisano, M.; Hollender,
          J.; Schirmer, K.; Cachot, J.
' (196 chars) title => protected'Imidacloprid induces adverse effects on fish early life stages that are more
          severe in Japanese medaka (<em>Oryzias latipes</em>) than in zebrafish (<em
         >Danio rerio</em>)
' (170 chars) journal => protected'Chemosphere' (11 chars) year => protected2019 (integer) volume => protected225 (integer) issue => protected'' (0 chars) startpage => protected'470' (3 chars) otherpage => protected'478' (3 chars) categories => protected'cyprinids; toxicokinetics; species sensitivity; metabolome; embryo toxicity;
          imidacloprid
' (89 chars) description => protected'Neonicotinoids are widely used insecticides that have frequently been found
         in freshwater with concentrations ranging from ng to μg/L. It is known that
          these compounds impact non-target invertebrates, such as bees and gammarida
         e, in terms of toxicity and behavior, but impacts and species differences on
          vertebrates such as fish are little explored. The aim of this study was to
         investigate and compare the effects of one widely used neonicotinoid, imidac
         loprid, on development and behavior of two fish model species: Zebrafish (<e
         m>Danio rerio</em>) and Japanese medaka (<em>Oryzias latipes</em>). Fish wer
         e exposed for 5 (zebrafish) and 14 (medaka) days from 0.2 to 2000 μg/L im
         idacloprid by aqueous exposure. Survival, development, behavior and histolog
         ical features were monitored and organism-internal concentrations and biotra
         nsformation products measured. Imidacloprid caused sublethal effects in both
          species but the effects were much stronger in medaka with deformities, lesi
         ons and reduced growth being the most prominent impacts. Due to the overall
         longer time of development, time-integrated exposure of medaka was about 2-f
         old higher compared to zebrafish, potentially accounting for parts of the se
         nsitivity differences. Our results underline the importance of taking specie
         s sensitivity differences into account especially when considering that meda
         ka responded at imidacloprid concentrations that have been measured in the e
         nvironment.
' (1455 chars) serialnumber => protected'0045-6535' (9 chars) doi => protected'10.1016/j.chemosphere.2019.03.002' (33 chars) uid => protected18516 (integer) _localizedUid => protected18516 (integer)modified _languageUid => protectedNULL _versionedUid => protected18516 (integer)modified pid => protected124 (integer)
Vignet, C.; Cappello, T.; Fu, Q.; Lajoie, K.; De Marco, G.; Clérandeau, C.; Mottaz, H.; Maisano, M.; Hollender, J.; Schirmer, K.; Cachot, J. (2019) Imidacloprid induces adverse effects on fish early life stages that are more severe in Japanese medaka (Oryzias latipes) than in zebrafish (Danio rerio), Chemosphere, 225, 470-478, doi:10.1016/j.chemosphere.2019.03.002, Institutional Repository