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Le module d’eau Autarky fait ses preuves comme station de lavage des mains

12 avril 2021 | Karin Stäheli

Une station de lavage des mains mobile, qui recycle l’eau de manière hygiénique sans apport d’eau fraîche ni de raccordement au réseau d’égouts, n’est pas seulement intéressante dans les pays structurellement faibles. Le «Water Wall» recèle un très grand potentiel tant dans les transports publics que dans le cadre de manifestations.

Le module d’eau Autarky, qui retraite sur place l’eau «grise» légèrement souillée, a été développé par des chercheurs de l’Eawag dans le cadre du concours Reinvent the Toilet Challenge de la Fondation Bill et Melinda Gates. Leur objectif avec le projet de toilette Blue Diversion Autarky était de concevoir une toilette autarcique, c’est-à-dire complètement autonome, qui fonctionne indépendamment du réseau d’égouts et d’une alimentation en eau fraîche. Ce faisant, ils ont délibérément veillé à ce que les trois modules de traitement de l’eau, de l’urine et des matières fécales puissent aussi être utilisés indépendamment les uns des autres. C’est pourquoi, en plus de l’essai sur le terrain de la toilette, les chercheurs ont également testé le fonctionnement autonome du module de traitement de l’eau en tant que station de lavage des mains.

«Recycling» au lieu de «Downcycling»

La plupart des autres systèmes traitant les eaux usées sur place procèdent à un «Downcycling» et utilisent l’eau épurée pour des applications peu exigeantes en matière de qualité de l’eau. Mais le «Water Wall» développé par l’Eawag réussit toutefois à restituer de grandes quantités d’eau de qualité sûre et satisfaisante destinée au même usage et permet de ce fait un «recycling» correct.

Un processus en plusieurs étapes permet d’obtenir ce résultat: Dans un premier temps, la dégradation des polluants organiques s’effectue dans un bioréacteur ventilé. Puis l’eau souillée passe à travers une membrane d’ultrafiltration qui retient les pathogènes avant qu’un filtre à charbon actif absorbe les substances organiques résiduelles de l’eau. Enfin un électrolyseur produit du chlore à partir des sels dissous et désinfecte ainsi l’eau durablement.
 

L’élément central de la station de lavage des mains mobile est le module d’eau du projet Blue Diversion Autarky.
(Photo: Autarky, Eawag)

Tests pratiques couronnés de succès

En Afrique du Sud, le module d’eau a prouvé qu’il est capable, en tant qu’élément autonome, de recycler également de grandes quantités d’eau de lavage des mains. Installé au bord d’une route à Durban, le «Water Wall» a pu recycler environ 2000 litres d’eau par jour. L’eau recyclée était de nouveau claire, ne présentait ni turbidités ni colorations et une légère odeur de chlore indiquait aux utilisateurs que l’eau était hygiénique et sûre. La station de lavage des mains et surtout le grand miroir furent très prisés par les passants. En raison de son design, ils appelaient le «Water Wall» aussi «ATM», car il leur rappelait les distributeurs automatiques de billets.

En 2018, le «Water Wall» fut également mis en service dans la ville de Zurich pendant deux mois: Dans des espaces verts publics où se trouvait jadis le stade du Hardturm, des centaines de personnes se lavaient les mains tous les jours. Et il y avait toujours une quantité suffisante d’eau recyclée de qualité sûre à disposition.

«Le Water Wall a pleinement fait ses preuves sur les sites de Zurich et de Durban. Cette technologie est prête à être développée et commercialisée par des partenaires industriels», déclare Eva Reynaert, qui était responsable des essais de terrain. Le projet de recherche Blue Diversion Autarky s’achève sous peu, mais le développement n’est pas encore fini : «Nous avons déjà divers intéressés qui veulent continuer à développer la technologie avec nous. Nous apportons l’expertise concernant le mode de fonctionnement, les partenaires industriels apportent souvent, grâce à un regard neuf, des idées pour de nouvelles voies. Les deux parties peuvent ainsi tirer un bénéfice de cette collaboration», ajoute Reynaert. Et il reste encore à la recherche bien des questions importantes à résoudre: Dans sa thèse de doctorat, Reynaert se focalisera sur la surveillance de la qualité de l’eau en temps réel, car cela reste toujours un défi majeur pour toutes les technologies de traitement de l’eau.
 

Photo de couverture: Autarky, Eawag

Publication originale

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         ashing) and two in South Africa (hand washing, toilet flushing), over period
         s of 63, 74 and 94 days, respectively.<br /> We demonstrated that the system
          is able to recycle sufficient quantities of safe and appealing hand washing
          and toilet flush water for domestic or public use in real-life applications
         . Chemical contaminants were effectively removed from the used water in all
         prototypes. Removal efficiencies were 99.7% for the chemical oxygen demand (
         COD), 98.5% for total nitrogen (TN) and 99.9% for phosphate in a prototype t
         reating hand washing water, and 99.8% for COD, 95.7% for TN and 89.6% for ph
         osphate in a prototype treating toilet flush water. While this system allowe
         d for true recycling for the same application, most on-site wastewater reuse
          systems downcycle the treated water, i.e., reuse it for an application requ
         iring lower water quality. An analysis of 18 selected wastewater reuse speci
         fications revealed that at best these guidelines are only partially applicab
         le to innovative recycling systems as they are focused on the downcycling of
          water to the environment (e.g., use for irrigation). We believe that a para
         digm shift is necessary and advocate for the implementation of risk-based (a
         nd thus end-use dependent) system performance targets to evaluate water trea
         tment systems, which recycle and not only downcycle water.
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Reynaert, E.; Greenwood, E. E.; Ndwandwe, B.; Riechmann, M. E.; Sindall, R. C.; Udert, K. M.; Morgenroth, E. (2020) Practical implementation of true on-site water recycling systems for hand washing and toilet flushing, Water Research X, 7, 100051 (13 pp.), doi:10.1016/j.wroa.2020.100051, Institutional Repository